cri-voixdesvictimes.ch

Direction@cri-voixdesvictimes.ch
Cri-Voixdesvictimes@bluewin.ch
Tel-Fax: +41779803047

Comité 

 
Abdeljelil Dhahri :     Président 
Titulaire d'une doctorat en droit public Université de Tunis 1997
Diplomé en criminologie, gestion d'équipe,psychologie d'équipe et Job-Coching (Centre de formation a distance de Bruxelles)
Formateur-Coach certifié Educ-Ch 2015
Certifié en Mangement du sport Swiss Olympic 2015
Ancien Enseignant universitaire Université de Tunis 

 
Rim Ben Naceur :  Trésorier 
 
Formatrice d’adulte 
 
 
Malek Dergham :  Secrétaire Général 
 
Employé de commerce
Etudiant HEIG VD



Josep Daher   Coseiler Stratégique
Docteur en sciences politiques 
 
Ahmed Ajil :        Vice-Président 
 
Criminologue

Hatem Ben Salem Membre 
Professeur de Droit Université de Tunis 
Ancien ministre de l'education 

Lamia Fedhla Membre 
Journaliste 
Présidente Genéve international centre for justice 



Définition Victime

 

 

 

Victime
Nature : s. f.
Prononciation : vi-kti-m'
Etymologie : Lat. victima. Les étymologistes latins varient : les uns le tirent de vincire, lier, parce qu'on liait la victime ; les autres, de vincere, parce que la victima était sacrifiée au retour de la victoire, tandis que l'hostia l'était en allant à l'ennemi ; d'autres enfin, de vigere, être fort, parce que la victima était une grosse bête, tandis que l'hostia était une petite bête. Corssen (Ausspr. 2° éd. t. I, p. 509) est favorable à cette dernière opinion.

 

Voir les citations du mot Victime
Définition et signification du mot Victime

Victime

 

Définition du mot Victime : - Chez les païens et les peuplades sauvages, créature vivante offerte à la divinité.

 
 

Définition du mot Victime : - Chez les Juifs, animaux qu'on immolait en sacrifice. Victime propitiatoire. Victime d'expiation.

 
 

Définition du mot Victime : - Terme de théologie. La victime offerte pour le salut des hommes, Jésus-Christ.

 
 

Définition du mot Victime : - Fig. Celui qui est frappé de quelque coup, comme l'était la victime des anciens.

 
 

Définition du mot Victime : - Fig. Celui qui est sacrifié aux intérêts, aux passions d'autrui. Il fut la victime de la calomnie.

 
 

Définition du mot Victime : - S'est dit, absolument, des personnes qui périrent condamnées par les tribunaux révolutionnaires.

 
 

Définition du mot Victime : - Familièrement, une victime, un souffre-douleur, une personne objet de plaisanteries (voy. ).

 
 

Définition du mot Victime : - Terme de cuisine. Côtelette à la victime, celle qui est cuite entre deux autres côtelettes qu'on sacrifie en les posant sur la braise, de sorte que tout le jus des deux côtelettes victimes passe dans celle du milieu.

CONDUITE À TENIR SI VOUS ÊTES TÉMOIN OU PROCHE D'UNE VICTIME DE VIOLENCES SEXUELLES

PROTÉGER LA VICTIME

Quand on a connaissance de violences sexuelles, ou quand on en a été témoin, il est essentiel de mettre en œuvre tout ce qui est possible pour faire cesser les violences, protéger la victime, la mettre hors de danger et la secourir sans se mettre en danger

SOUTENIR ET ACCOMPAGNER LA VICTIME

  1. Pour une victime, bénéficier du soutien, de la reconnaissance, de la solidarité, de la compréhension et de l’aide de son entourage est excessivement important, et représente

un atout énorme pour la possibilité d’obtenir justice et pour sa reconstruction (des études scientifiques l’ont même démontré). Toutes les démarches (pour les procédures judiciaires, pour des aides sociales et juridiques, pour les soins) vont être très difficiles pour la victime, être soutenue et accompagnée pour les faire change tout pour elle !

Pour cela il est essentiel que les personnes de bonne volonté de l’entourage qui veulent aider la victime, soient informées de la réalité des violences et de leurs impacts psychotraumatiques, ainsi que des mécanismes neuro- biologiques à l’œuvre

De même connaître la loi (savoir la définition d’un viol, savoir que le viol conjugal existe, qu’il n’y a pas de devoir conjugal, ni même de consentement a priori dans le cadre de relation de couple, et que le viol conjugal est une circonstance aggravante)

La victime a besoin avant tout de reconnaissance de ce qu’elle a vécu, et que sa souffrance soit considérée comme légitime. Il faut prendre garde à ne pas mettre en cause des victimes, en critiquant leur «imprudence», en ciblant leur comportement : «pourquoi n’a-t-elle pas crié, ne s’est-elle pas défendue», en demandant : «pourquoi porte-elle plainte si longtemps après, comment est-ce possible de ne se souvenir que maintenant, comment a-t-elle pu oublier et n’inventerait-elle pas ... ne serait-elle pas influencée...»

Il ne faut pas exposer la victime à son agresseur en organisant des confrontations sous prétexte de rechercher la vérité, confrontations qui ne pourraient qu’être très angoissantes et traumatisantes pour la victime, et s’avérer des entraves pour l’enquête

Les chiffres des violences sexuelles sont impressionnants : un peu plus de 20% des femmes ont subi des violences sexuelles dans leur vie (6,8% pour les hommes), c’est-à-dire une femme sur 5, et 16% des femmes ont subi un viol ou une tentative de viols dont la majorité en tant que mineures (5% des hommes), c’est à dire 1 femme sur 6 ! Vous avez forcément des victimes de viol dans votre entourage. Seules 10% des victimes portent plainte, et moins

de la moitié en parlent à une personne de leur entourage. Il ne faut pas oublier que les violences sexuelles sont commises dans 80% des cas par des proches qui peuvent paraître insoupçonnables pour leur entourage

Les violences ne sont pas un différent entre deux personnes, il ne s’agit pas de dire qu’on ne veut pas prendre parti, et qu’on ne veut pas se mêler d’affaires de famille, de couple, de service, etc. Il est nécessaire de s’engager pour la victime et de la protéger, c’est un devoir citoyen. Il faut tout faire pour que la victime ne soit plus exposée à ou aux agresseur-s.

La responsabilité du viol n’incombe en aucun cas à la victime (qui se serait exposée, qui aurait été imprudente, «provocante», etc...). C’est toujours le violeur qui décide du viol et met en place toute une stratégie — souvent bien en amont — pour piéger sa victime, l’isoler, l’empêcher de se défendre, de fuir et la contraindre à céder à ce qu’il impose. Les violences sexuelles sont intentionnelles. Personne ne doit dire à une victime : «moi à ta place je n’aurais pas fait comme ça..., je me serais défendue..., etc.». Car justement l’agresseur a anticipé toutes les réactions possibles de la victime et a tout fait pour les annihiler par la manipulation, la contrainte et la terreur. L’agresseur a une grande longueur d’avance sur sa victime, il l’a faite tomber dans un piège qu’il a parfois tissé depuis longtemps, il fonctionne le plus souvent comme un prédateur. Et c’est bien pour cela que la victime n’a rien pu faire. Tout était joué d’avance.

C’est la victime qui doit être secourue, entourée, aidée et défendue, et non pas l’agresseur. C’est elle qui a un besoin vital de solidarité. C’est elle qui a de la valeur et qu’il faut protéger. Elle a besoin qu’on lui renvoie qu’elle a des droits, qu’elle a une dignité et une valeur. lors les violences, l’agresseur lui a dénié ses droits et sa dignité en lui faisant croire grâce à sa mise en scène mensongère qu’elle ne méritait que mépris et haine, et en la réduisant à un objet dans son scénario. Tout est plaqué et joué du côté de l’agresseur, tout est imposé par contrainte du côté de la victime et rien ne la

COMPRENDRE, RASSURER ET DÉCULPABILISER LA VICTIME

Il faut pouvoir dire et expliquer à la victime que toutes ses réactions de terreur, de sidération, de paralysie, de sensation de mort imminente, de déconnexion, de confusion, de dissociation, de souffrance extrême puis d’anesthésie émotionnelle, ainsi que toutes les réminiscences, tous les flashbacks et les cauchemars sont dus au choc psychotraumatique et à ses conséquences, que ces réactions sont normales. C’est l’agresseur qui les a provoquées en cherchant à traumatiser la victime le plus possible pour commettre le viol en toute sécurité et en toute impunité. Ces réactions sont une

conséquence du trauma, le trauma n’est pas qu’une blessure psychique, il s’accompagne d’atteintes neurologiques des circuits émotionnels et de la mémoire dans le cerveau (visibles sur des IRM), et ces atteintes, tout comme des fractures sous les coups, se réparent, elles nécessitent des soins spécifiques. Ces soins permettent d’éviter la mise en place de troubles psychotraumatiques durables, dont une mémoire traumatique qui fait revivre les violences à l’identique comme une machine à remonter le temps aussitôt qu’un lien rappelle les violences, la victime est alors colonisée par les violences et l’agresseur. Cette mémoire traumatique entraîne une très grande souffrance, elle peut torturer une victime pendant des années, voire des dizaines d’années. Ce phénomène de reviviscence du trauma permet de comprendre qu’il est impossible pour les victimes — comme on le leur demande trop souvent — de prendre sur elles, d’oublier, de passer à autre chose, de tourner la page... Cette mémoire traumatique se traite et, grâce au traitement, elle est transformée en une mémoire autobiographique avec laquelle il est bien plus aisé de composer.

Il est important pour l’entourage de savoir que les victimes peuvent présenter, parfois pendant une longue période, des symptômes dissociatifs (d’autant plus si elles sont toujours en contact avec leur agresseur), ces symptômes dissociatifs font que l’entourage peut avoir du mal à comprendre et même reconnaître les victimes, elles semblent avoir changé de personnalité (elles peuvent paraître étranges, discordantes). Ces symptômes dissociatifs sont dus à des mécanismes de sauvegardes déclenchés par le cerveau au moment des violences (pour échapper à un risque vital le circuit émotionnel disjoncte) et à des stratégies de survie, ils se caractérisent par une déconnexion et une anesthésie émotionnelle qui donnent l’impression étrange aux interlocuteurs des victimes qu’elles sont absentes, indifférentes à leur sort, pas concernées par ce qui leur arrive. Et comme ce sont des neurones miroirs qui permettent de ressentir les émotions d’autrui (c’est le processus de l’empathie qui est inné chez toute personne et présent dès la naissance) si la victime est dissociée, cela signifie qu’elle est anesthésiée émotionnellement et que les neurones miroirs de l’interlocuteur ne reflètent rien, et ne transmettent aucune émotion, l’interlocuteur ne ressent rien émotionnellement face à la victime... Cela explique le peu de bienveillance dont bénéficient habituellement les victimes. Fréquemment cette absence de ressenti émotionnel face aux victimes fait que les personnes auxquelles elles s’adressent se sentent indifférentes, ne sont pas touchées par ce que les victimes ont subi, n’ont pas peur et même ne vont pas les croire. Connaître ce processus permet de l’identifier et de lutter contre cette anesthésie émotionnelle et cette indifférence, de reconstruire intellectuellement ce qu’il faut ressentir et de comprendre qu’au contraire il faut encore plus s’inquiéter pour elles, puisque cela signifie qu’elles sont très traumatisées et qu’elles sont certainement encore en grand danger. Cette dissociation est aussi à l’œuvre dans les processus d’emprise des agresseurs sur leurs victimes et dans les syndromes de Stockholm

Devant une personne dissociée il est important de la mettre en sécurité et de lui tenir un discours très cohérent, très rassurant. Elle a besoin que l’on comprenne son anesthésie émotionnelle, qu’on lui dise que c’est un phénomène normal, dû aux conséquences psychotraumatiques des violences. Dans ce climat de sécurité et de cohérence les victimes pourront alors petit à petit sortir de cette dissociation. En revanche, leur renvoyer qu’elles ne réagissent pas normalement, les mettre en cause, les secouer parce qu’elles paraissent indifférentes, se moquer d’elles, leur dire qu’elles ont tout faux, qu’elles ne sont pas capables de réagir correctement, est catastrophique et cruel, cela va aggraver leurs

sensations d’insécurité et d’angoisse et accentuer leur dissociation. Elles seront alors encore plus confuses, déconnectées et vulnérables face aux agresseurs

L’entourage doit être solidaire, bienveillant avec la victime, la soutenir, l'accompagner, l’aider à trouver les professionnels ressources qui lui seront le plus utiles.

Il doit respecter son temps, ne rien lui imposer, lui proposer. Il faut souvent beaucoup de temps à la victime pour arriver à porter plainte, beaucoup de soutien aussi, il faut qu’elle soit aidée par un avocat, et par des associations, il faut qu’elle soit bien prise en charge sur le plan médical, car il lui faudra surmonter de nombreuses peurs, des doutes, la loi du silence imposée par l’agresseur, ses menaces et le brouillage qu’il a mis en place. L’entourage peut aider la victime à se remémorer les faits, à mieux les identifier, et à construire un récit plus précis de ce qui s’est passé, ce qui lui sera très utile par rapport à une éventuelle procédure, et pour le travail thérapeutique.

Ne pas juger ses comportements (il n’y a qu’à... Il faudrait que...), ne pas considérer qu’elle n’a rien compris, ni qu’il faut lui apprendre à bien réagir, comme si elle n’était pas capable de savoir comment il faudrait réagir. Mais considérer qu’elle en est empêchée par un agresseur qui la colonise avec ses mises en scène et son extrême violence qu’il faut identifier et désamorcer. Considérer que tous ses symptômes, ses troubles du comportement sont liés aux violences et à la stratégies de l’agresseur et les analyser à la lumière de ce qui s’est passé, et non en en attribuant la cause à la victime elle-même.

Faut-il le rappeler, une victime n’est pas «fascinée par le trauma», «vautrée dans la victimisation», elle n’est pas l’artisane de son propre malheur, elle a été attaquée par un agresseur qui l’a torturée et qui, par l’intermédiaire de la mémoire traumatique de la victime, a encore le pouvoir de continuer à la torturer sans fin si elle reste abandonnée sans aide, ni soin efficaces.

SE FAIRE CONSEILLER ET AIDER

Être témoin de violences ou être un proche d'une victime, parent, conjoint, ami, collègue peut être déstabilisant, douloureux, voire traumatisant et générer des troubles psychotraumatiques, particulièrement si l'on a été confronté à des violences effroyables, si l’on s'est senti dans l’incapacité d’agir, impuissant à protéger, à aider, à trouver les bons comportements.

Surtout faites-vous aider, ne restez pas seul-e. Il a été démontré que le fait de recevoir en consultation les proches de victimes pour les entendre, les informer, les soutenir, les conseiller, voire de leur prodiguer des soins si c'est nécessaire, a un impact très positif sur eux mais aussi sur la prise en charge de la victime.

Mon site est hébergé par Infomaniak, qui soutient activement la protection de la nature.